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Histoire du Faubourg de Laon

Reproduction de la brochure éditée par le Centre Social des Trois Piliers à l'occasion du spectacle "Histoire du Faubourg de Laon", augmentée par l'auteur du site d'autres illustrations en rapport mais hors brochure.





sur le détail d'un plan de Reims de 1635, on peut voir :
1 : les "3 Piliers" (voir texte au chapitre "les rues du quartier")
2 : la porte Mars, qui était à l'époque enclavée dans les remparts.




Le Faubourg de Laon dans l'antiquité

DES ORIGINES AUX ROMAINS


A part un petit cimetière "celte ?" mal daté, découvert rue Émile Zola, on ne connaît actuellement aucune trace d'occupation humaine dans le faubourg de Laon et en particulier dans le quartier des III PILIERS antérieurement à la création de la ville de DUROCORT-REIMS. Cela ne veut pas dire que la région ait été déserte. Il s'agissait probablement, comme partout en Champagne, d'un secteur agricole à population faible répartie en nombreux petits villages.

La fondation de la cité des REMES : DUROCORT, n'est pas datable. Le premier vestige bien daté est le système de défense entourant le coeur de la cité (70 avant J.C.), ensemble de fossés et murailles en terre, pierres et poutres, presque circulaire (Place de la République, milieu rue des Templiers, Saint-André, rue des Moissons, rue de Contrai etc...). Un second dispositif apparemment identique au premier et probablement contemporain le double à distance variable de 400 à 1 000m (notamment Pont Huet, boulevard Robespierre, rue Danton etc...). Entre les deux, une zone non habitée mais pouvant servir de refuge aux populations voisines et aux troupeaux. Le site du VIEUX LAON, près de Saint-Erme, donne une idée du dispositif.

La Guerre des Gaules n'apporte que peu de modifications. Les Rèmes, alliés des Romains, ne subissent pas de destructions du fait de la guerre. La ville sert de base arrière aux légions. Où campent ces dernières ? D'après des observations anciennes, ce serait dans le secteur PORT SEC/TROIS PILIERS. Pas sûr.


LA PREMIÈRE VILLE ROMAINE

Pendant un siècle, de CÉSAR (-50) à CLAUDE (+50) pas de changements matériels importants et peu semble-t-il dans l'administration. La main romaine reste légère.

L'urbanisation commence vraiment avec les empereurs antonins (2e siècle). Les fortifications de l'anneau intérieur déjà à moitié effondrées sont arasées au début du siècle (mais pas forcément aussi l'anneau extérieur) et la construction va grand train. C'est de cette époque que datent les cryptoportiques (FORUM), les arcs de triomphe (PORTE MARS), ainsi que de nombreuses villas à mosaïques et chauffage central, les arènes, etc... et de somptueux cimetières à monuments funéraires (Rue de Neufchâtel par exemple).


La colline Saint-Benoit se couvre d'un ensemble monumental de grande envergure : les traces en sont nombreuses mais la destination en reste floue : palais du légat, casernes, temples, ou tout cela à la fois ? Mêlés aux grands monuments, de modestes ateliers d'artisans (tailleur d'os rue Pierret), des haras ou casernes de cavalerie (Place Luton) etc...

La ville s'étend au début du 3e siècle sur la rive droite de la Vesle depuis Saint-Maurice jusqu'au boulevard Charles Arnould et du boulevard Jamin à la Vesle.

Elle sera ravagée par plusieurs vagues successives d'invasion et de destruction : Barbares germaniques (Francs, Alains, etc. ... ) ou paysans affamés (Bagaudes) à partir de 258 jusque 278, certains bâtiments ayant été incendiés deux et trois fois. Une grande partie de la population disparaît par suite des massacres, famines et épidémies.


Deux des innombrables vestiges Gallo Romains trouvés dans le sous-sol du quartier

Selon toute vraisemblance, cette tête est celle
du dieu Mercure,
trouvée en 1910 dans les fondations
de l'actuelle Maison de Quartier des 3 Piliers.


Statue d'Attis - 1,60 m de haut (corps entier) ;
trouvée en 1885 dans le bas de la rue de Neufchâtel
où se trouvait
un cimetière du IIe siècle.

Ces deux Statues se trouvent au Musée Saint-Remi de Reims.





LA SECONDE VILLE ROMAINE

Les rescapés dans une ville en ruines essaient de survivre et pour cela entreprennent très tôt de construire des murailles de défense qui n'existaient pas auparavant. Ils utilisent les 4 arcs de triomphe comme portes, et avec les matériaux des bâtiments endommagés ou détruits ‚ élèvent un mur en entassant à peu près n'importe quoi : pierres, fragments de statues, de colonnes, stèles funéraires, chapiteaux, débris de toutes sortes. Cette muraille hétéroclite servira de noyau aux fortifications de REIMS pendant 1 600 ans jusqu'à leur destruction presque complète au 19e siècle.

Les faubourgs, en particulier la zone nord, sont abandonnés, et des quartiers autrefois somptueusement construits, tel celui des Ill PILIERS, ne sont plus que ruines, friches et cailloux, où la seule intervention humaine consiste à récupérer des matériaux de construction.

Les cimetières se rapprochent des nouvelles limites de la ville, et ceux du 4e siècle sont à 4/500 mètres en retrait de ceux du 2e siècle (carrefour Lesage / Robespierre par exemple) dans des secteurs habités 50 ans plus tôt.

Pour le faubourg de Laon, cette situation d'abandon durera pratiquement un millénaire, jusqu'aux approches de la Guerre de Cent Ans.

Mais sur la colline se dressent toujours (jusqu'en 1790) trois colonnes réunies par leur entablement, restes d'un temple ou d'un palais romain, bien visibles de tous les horizons : les Trois Piliers.


LES RUES DU QUARTIER



Contrairement à une idée reçue, les romains n'ont pas tout créé en matière de voirie et, ce qui est qualifié de "Voie romaine" correspond souvent à l'aménagement, par les romains, d'une voie de communication qui existait auparavant.

C'est ainsi qu'à l'origine, les deux grands axes routiers actuels, Avenue de Laon (axe NORD-SUD) et rue Émile Zola / Neufchâtel (axe Reims - Bruxelles) étaient des chemins qui furent aménagés pour rendre plus aisé le passage des véhicules et des convois.

Peu a peu, des chemins se dessinent :

Sur un plan de 1819 on peut voir :

- L'actuelle rue Paul VAILLANT COUTURIER sous le nom de CHEMIN DES 3 FONTAINES,

- La rue Roger SALENGRO sous le nom de CHEMIN DE COURCY,

- Une portion de la rue LESAGE sous le nom de CHEMIN DE BOURGOGNE,

- La rue du MONT D'ARENE et une portion de la rue PAULIN PARIS sous le nom de CHEMIN DE LA JUSTICE (1)


Sur un plan de 1843 on peut voir les nouvelles rues suivantes :

- Rue Jules GUICHARD,

- Rue Anquetil,

- Rue GOULIN (constituée alors de 2 petites rues parallèles séparées par une étroite bande d'habitations).

- Rue des 3 PILIERS,

- Rue du Docteur THOMAS,

- Rue LECOINTRE,

- Rue ROOSEVELT.


(1) Ce chemin reliait l'actuelle rue de la Justice à la place Luton. Il était emprunté par les condamnés pour se rendre de la prison de la porte Cérès au gibet des III Piliers. Ce gibet était en fait ce qu'il restait d'un ouvrage Gallo Romain qui devait être d'importance. Ce vestige se trouvait en haut de la rue des 3 Piliers et fut détruit à la Révolution.



Les limites du "Faubourg de Laon"
(à l'intérieur du trait noir)




Sur un plan de 1876 ce sont les rues :
                      
- Rue MAILLEFER,

- Rue HANNEQUIN (partiellement),

- Rue BELIN,

- Rue DURUY,

- Rue LANDOUZY,

- Rue LESAGE (suite).


Sur un plan de 1899 :

A l'exception de la rue Léon HOURLIER, d'un tronçon de la rue PAULIN PARIS et du boulevard CHARLES ARNOULD, toutes les rues que nous connaissons actuellement sont créées. Cependant, au fil du temps et des événements (faits de guerre notamment) certaines subiront une modification de leur tracé (par exemple : la rue HANNEQUIN qui était à l'origine rectiligne).




















VERS 1843 LES PREMIÈRES MAISONS
SONT CONSTRUITES


C'est l'époque des grands chantiers industriels :

- Démolition des REMPARTS,

- CREUSEMENT du CANAL,

- CONSTRUCTION du CHEMIN DE FER.

Ces chantiers, créateurs d'emplois, engendrent la venue massive d'une population rurale.

Il faut héberger cette main d'oeuvre, la ville étant "saturée", on construit à l'extérieur :

- D'abord le Faubourg Cérès,

- Puis le Faubourg Paris,

- Enfin le Faubourg de Laon.

Ainsi la population du quartier est essentiellement ouvrière dans un habitat construit hâtivement et vieillira vite.


DES PROBLÈMES SOCIAUX APPARAISSENT


Les premières maisons construites deviennent vétustes et insalubres.

Les grands chantiers prennent fin.

Sans protection sociale, le chômage est alors un véritable fléau.

Bien vite, la situation de certaines familles va devenir particulièrement difficile.

C'est ainsi que l'on verra peu à peu apparaître des coins "malfamés" dans le quartier :

- La rue des 3 Piliers surnommée "rue des Ventres creux", sera fermée le soir par des chaînes pour en interdire l'accès.

- Au cours de l'hiver 1855-1856, la municipalité de l'époque met en service des "Fourneaux économiques" (soupe populaire) qui distribuèrent plus de 130 000 rations alimentaires dans les 3 faubourgs.

- Le fourneau de la place Saint-Thomas en distribua près de 40 000.

- En 1857, un cinquième de la population devait être secouru.

- D'après un article de M. LACATTE, journaliste, on peut lire : "La ville est pleine de mendiants qui, avec les enfants hâves et décharnés, arrêtent les passants... une nuée de pauvres couvre les rues et places publiques... Les quartiers périphériques (Cérès, Paris et Faubourg de Laon) deviennent des endroits où il ne fait pas bon de s'y arrêter...".


LE QUARTIER PENDANT LA GUERRE DE 1914-1918


Comme l'ensemble de la ville, le quartier ne fût pas épargné par la première guerre mondiale. Sur 13 806 maisons rémoises : 8 625 furent incendiées ou totalement détruites, 5 181 furent plus ou moins endommagées, 15 ou 20 restèrent indemnes.

En 1916, un inventaire fut établi sur le Faubourg Neufchâtel : 90 maisons furent fortement atteintes, 177 légèrement. Dans son journal l'abbé Dupuit décrit la vie du quartier Neufchâtel à cette époque :

1er août 1914 : Proclamation de la guerre contre l'Autriche. La mobilisation est ordonnée.

18 août 1914 : Le nord des Ardennes est envahi, les réfugiés affluent sur le quartier.

3 septembre 1914 : Les allemands entrent dans la ville. Des batteries françaises sont installées rue de Neufchâtel, rue Danton, au dépôt. Le quartier subit ses premiers bombardements. Une usine se transforme en hôpital au 270 avenue de Laon, appelée ambulance Sainte-Marie. Le 11 septembre à 13h20 une bombe détruisit les 50 lits de cet hôpital.

27 septembre 1914 : Mise en place de barricades près du plateau des Trois-Piliers. Le quartier est de nouveau bombardé.

11 octobre 1914 : l'exode de la population commence.

19 novembre 1914 : La rue Danton et le boulevard Robespierre constituent les limites Nord de la ville. L'armée a arrêté dans le quartier des espions allemands.

Année 1915 : Les bombardements furent intensifs. La population subit la guerre avec fatalisme.

Année 1916 : La bataille de Verdun a commencé le 21 février, ce qui occasionne une reprise des activités. Cependant, le quartier semble moins en danger car les tirs ne proviennent plus de Brimont mais de Witry.














26 mars 1916 : La ville est considérablement renforcée par des batteries de 75 dans le quartier qui ne compte plus que 916 habitants.

9 avril 1917 : Les allemands entrent dans le quartier. Des combats au corps à corps se déroulent dans les rues.

A cette date, dans le journal écrit par l'abbé Dupuit, on a pu lire :

"Lundi de Pâques : On a signalé ce matin un avis plus pressant d'évacuation immédiate. De fait, le bombardement terrifiant d'hier a raison des plus résistants. Le service d'automobile ne suffisant plus, on voit des gens, brouettant des vieillards ou des enfants sur des voitures à bras, se dirigeant vers la route de sortie par le mauvais temps. Tous, après avoir tenu 31 mois, partent la tristesse dans l'âme, sachant qu'ils abandonnent à la profanation et au pillage des troupes ce que les bombes n'anéantiront pas.

Journée moins mauvaise qu'hier pour notre quartier. Trois bombes nous ont dépassé pour échoir 12 rue Paulin Paris, 2 place Amélie Doublié et dans la rue du Docteur Thomas.

A 19h00, j'ai fait le tour de la paroisse ; les rues sont désertes ; les portes et les fenêtres ouvertes par les éclatements d'hier ne sont pas refermées. Les soldats (le 410e d'infanterie) cantonnés rue Lesage qu'on laisse libres de circuler commencent à pénétrer partout et à piller. Leur attitude ce matin, devant les gens attristés de leur départ forcé, a été indigne, de même qu'hier soir, à la suite du bombardement.".

11 novembre 1918 : L'Armistice est signé.

Année 1919 : Le retour de la population est pitoyable. La plupart des habitants ne savent plus où loger. Des toiles de tentes sont installées par l'armée.


Il faudra 10 ans pour reconstruire, dix ans pour se remettre à vivre, pour atténuer les peines et les chagrins.

Et puis, à peine remis, de nouvelles inquiétudes arrivent d'Italie et d'Allemagne, et les éléments internationaux vont faire resurgir l'ombre d'un nouvel affrontement.



La fontaine Bartholdi avant la guerre 1914-1918 (carte postale hors brochure)



La fontaine Bartholdi après la guerre 1914-1918 (carte postale hors brochure)




Rue du Docteur Thomas (carte postale hors brochure)



Église Saint-Benoit (carte postale hors brochure)




LES GRANDES ENTREPRISES

Au début du XXe siècle les habitants résidaient et travaillaient sur le quartier.

Le dépôt des chemins de fer était très conséquent, c'était un lieu d'activité très intense, véritable "étoile" dont les branches desservaient de multiples directions. C'était le temps de la vapeur, des machines que l'on chargeait de charbon et d'eau pendant la nuit pour qu'elles soient prêtes le lendemain.

La venue du diesel, puis la traction électrique donneront un coup fatal à l'importance de ce dépôt.

D'autres entreprises employaient de nombreux ouvriers :

Rue Lesage : Les biscuit ROGERON

                         Sur l'annuaire Matot Braine de 1931, on peut lire :
                          70 à 82 rue Lesage
                          ROGERON : fabrication de biscuits et pains d'épices.
                          HONGNAT P. : Directeur
                          HONGNAT (Vve Jules) associé fabrication de biscuits.
                          DIEUX L. : Concierge.

Dans cette même rue : Les jantes RIGIDA, les tissages MASSON, les tissages PAINDAVOINE.

Avenue de Laon : Les biscuits REM, nettoyage teinturerie CENSIER RENAUD, le dépôt des Tramways.

Après le Pont-Huet : Le dépôt des Tramways de Banlieue (C.B.R.).

Rue Hannequin : Le dépôt des petites voitures (sorte de taxis, tirés par des chevaux).



Une campagne publicitaire des Établissements ROGERON sur le circuit automobile de Gueux



(hors brochure)



(hors brochure)



(hors brochure)




La guerre 39 45


LA DRÔLE DE GUERRE

Au début de mai 1940, la France et son allié l'Angleterre sont en guerre contre l'Allemagne de Hitler depuis huit mois. Mais en fait, les opérations militaires sont à peine ébauchées et cette absence presque totale d'hostilités véritables a fait baptiser cette période vraiment insolite : "Drôle de guerre". Pourquoi les soldats, aussi bien allemands que français, sont-ils ainsi restés l'arme au pied face à face, le long du Rhin et de la frontière Lorraine. Canons, mitrailleuses, quasi muets, rares avions dans l'air évitant les rencontres ?

Les semaines passaient et le soldat français se demandait très normalement pourquoi "il était là" au lieu d'être chez lui. Il ne croyait plus à la réalité de la guerre et espérait sans doute vaguement que tout se terminerait le mieux du monde, sans que l'on ait à en découdre.

Devant cette inefficacité militaire, la chambre des députés est aussi impuissante que l'armée. Elle se réfugiera auprès du Maréchal Pétain (symbole de la victoire française en 14-18) lui accordant les pleins pouvoirs. Cette décision entraînera la France vers l'armistice et vers une occupation allemande qui durera 4 ans.

Cette occupation allemande sera vécue bien différemment selon les personnes et les situations. Nombre de français ne supporteront pas cette soumission et choisiront alors la lutte clandestine pour s'opposer à l'occupant.

des réseaux de résistance vont alors se créer à travers le pays :

Tel le réseau PRIMA VENGEANCE : constitué de cheminots, ce réseau avait pour mission de réaliser des actes de sabotage, soit pour détruire des machines soit pour retarder leur mise en route. A Reims, le démantèlement du réseau le 4 janvier 1944 entraîna le bombardement américain du 30 mai de cette même année.
En effet, il fallait éviter que les allemands utilisent les machines vers la Normandie.

Ou le réseau POSSUM : qui était un réseau d'hébergement d'aviateurs anglais, américains et canadiens, fondé en Belgique et dont la plaque tournante était Paris, put se ramifier jusqu'au Faubourg de Laon. L'une des résistantes nous évoque cette période :
"Un jour, par hasard, j'ai évoqué mon indignation auprès de l'abbé Lundy. Celui-ci me proposa quelques temps plus tard, à ma grande surprise, de porter des journaux clandestins dans une "boîte à lettres". Puis une semaine plus tard, il me demanda si je voulais héberger régulièrement des aviateurs. C'est ainsi que ma soeur et moi, nous sommes entrées dans le réseau.

Nous ne connaissions pas les autres résistants à part l'abbé Lundy. Cependant l'organisation du réseau était telle que l'alimentation nécessaire à l'hébergement d'aviateurs était prévue.

C'est ainsi que M. TOURTE (le boulanger de la rue des 3 Piliers) était le coordinateur de ces problèmes d'alimentation. Un boucher de l'avenue de Laon fournissait la viande, un maraîcher les légumes. Tout ceci fonctionnera jusqu'en décembre 1943.

A ce moment là, un responsable de Fismes fut arrêté et, à la suite de son interrogatoire, tout le secteur Marne fut démantelé. Ainsi, les 31 décembre 1943 et 4 janvier 1944 de nombreux résistants furent arrêtés".

Beaucoup de tous ces résistants périrent. Cependant, leur lutte ne fut pas vaine puisqu'elle sera l'une des composantes de la capitulation allemande qui surviendra avec la venue des forces  alliées en juin 1944.




LES ANCIENS LIEUX PUBLICS, DE CULTE,
LES ADMINISTRATIONS


Parmi ceux qui n'existaient plus :

- l'école de l'avenue de Laon : qui a laissé place à une résidence pour les personnes âgées.

- le commissariat de Police du 4e Canton à l'angle de l'avenue de Laon et de la rue du Mont d'Arène. transféré 270 avenue de Laon, puis transformé en bureau de Police.

- la chapelle Saint-Benoit où sont construits des immeubles.

- l'école Saint-Benoit où est implanté maintenant le Centre Social des Trois Piliers (N.D.L.R. : aujourd'hui Maison de Quartier des Trois Piliers).

- le Centre de Jeunesse : ancêtre de nos Lycées d'Enseignement Professionnel actuels, dont les ateliers étaient rue Belin et l'internant place Luton.

- la caserne du 106e Régiment d'Infanterie, rue de Neuchâtel (actuel L.E.P. Neufchâtel).

- le dispensaire de la Croix-Rouge, 86 rue Belin.

- le dispensaire des Soeurs du Saint-Sauveur : qui a laissé place à des immeubles rue de Pontgivart où est implanté son successeur, le Centre de Soins et de Santé des 3 Piliers.

- le cinéma Saint-Thomas : rue Perrin (N.D.L.R. : cette salle de spectacle servira à l'Express'Théâtre de Reims pour ses séances jusqu'au début des années 1980).

- le square : sur lequel était implanté un local d'accueil de personnes âgées.

- la recette auxiliaire des Postes : à l'angle de l'avenue de Laon et de la rue Danton.

- la bibliothèque : mitoyenne à la recette des Postes, actuellement à l'angle de la rue Goulin / Neuvilette.














LES PERSONNALITÉS DU FAUBOURG DE LAON

Il n'est pas possible de citer toutes les personnalités du Faubourg qui ont marqué ce dernier de leur empreinte.

Simplement, en voici quelques unes, parmi les plus célèbres ou les plus étonnantes :

Avant 1900 :

 - Le Docteur JOLICOEUR (1839 / 1895) : il fut conseiller général du 4e Canton. Il se fit l'ardent défenseur des méthodes de lutte contre le phylloxera (maladie qui ravagea la vigne). Il publia deux ouvrages sur ce thème et fit de nombreuses conférences et articles de presse. L'assassinat de son fils (lui même médecin) créera une très vive émotion dans le quartier.





En 1905 :

- L'abbé CAMUS : il créa en 1905 une coopérative ouvrière qui fonctionna pendant 8 ans et rendra de nombreux services à la population.

En 1912 :

- Julien LEBEAU, LEROUX, Robert NOURY et Henri RONNE : qui furent domiciliés rue des 3 Piliers, avenue de Laon et rue de Courcy (actuelle rue Roger Salengro) furent tous quatre complices de la tristement célèbre "Bande à Bonnot".

En 1914-1918 :

- L'abbé DUPUIT : au cours de la guerre 14/18, il fut l'un des 36 habitants qui restèrent jusqu'au bout sur le quartier. Il rédigea un journal tenu au jour le jour de ces événements tragiques.
Il créa l'école Saint-Benoit.

En 1940 :

- L'abbé LUNDY : aumônier à la maison d'arrêt, il fut le fondateur de la branche du réseau POSSUM sur le quartier.
S'inspirant de ses propres écrits, une biographie a été éditée sous le titre : "Une amitié qui passe et demeure".

- Tous les membres des réseaux de résistance POSSUM et PRIMA VENGEANCE.

Après guerre :

- PEPETTE : il chantait avec un porte voix au coin de la rue Perrin et de l'avenue de Laon, accompagné par son accordéoniste aveugle.

Dans les années 1950 :

- Les Soeurs Etienne : nées rue de la Neuvilette, elles vécurent également rue Lesage. Après leur départ pour la capitale, elles apparurent sur les affiches parisiennes, faisant la gloire de ceux qui les avaient connues toutes petites.




            


    


                


          


         



partitions hors brochure


Nombreux sont les rémois qui, dans les années 1950, ont fredonné les airs de "C'est si bon", "Cheveux au vent" ou "Mon village au clair de lune".

C'est donc avec une certaine nostalgie que les anciens du Faubourg de Laon évoquent ces deux rémoises. Nées respectivement rue de la Neuvilette et rue Lesage, elles vécurent une partie de leur enfance dans le 4e Canton.

C'est à la chorale de l'école de l'avenue de Laon qu'elles firent leurs premiers pas dans le chant à deux voix.

La seconde guerre mondiale provoqua le départ de la famille Etienne pour Paris.

Puis les crochets parisiens et les premières émissions de radio constituèrent l'amorce d'une grande carrière.



LA LÉGENDE DU FAUBOURG

L'appellation actuelle "Faubourg de Laon" est le troisième nom de ce quartier. Auparavant nommé "Faubourg de la Neuvilette" et "Faubourg Saint-Thomas". Cette dernière a comme origine une légende ancienne :

Un  cimetière était placé devant la porte Mars au temps de Saint-Rémi, à côté d'une église qui fut restaurée par l'Archevêque ARTAUD.

Ce cimetière était célèbre par les miracles qui s'y sont déroulés, notamment par les apparitions de Saint-Thomas (prêtre écossais) qu'on y avait inhumé mais dont le lieu de sépulture fut oublié. Un jour le curé de Saint-Hilaire (église longeant le cimetière) redécouvrit cette tombe par hasard. Il fit remplacer le cercueil par un autre beaucoup plus lourd. Depuis Saint-Thomas ne cessa de se montrer au curé et de demander qu'on le débarrasse du poids qui lui était imposé. D'autres membres du clergé furent visités par Saint-Thomas qui les informa de son histoire et demanda de faire prévenir l'Archevêque ARTAUD de sa supplique. L'Archevêque ne tint pas compte de cette demande et se contenta de réparer l'église. Cette négligence lui coûta cher car il devint proscrit et malheureux. Il en fut de même pour le curé de Saint-Hilaire.




LES ÉGLISES


L'ÉGLISE SAINT-THOMAS

L'église Saint-Thomas, a eu pour fondateur le Cardinal GOUSSET. En effet, ce dernier prit rapidement conscience de l'expansion du quartier et de la nécessité de construire une église dans le Faubourg de Laon (rattaché juqu'ici à la Paroisse Saint-André).

En 1847, il acheta le terrain où devait être bâtie cette église, dont les plans furent élaborés par l'architecte de la ville de Reims (M. BRUNETTE).

Les travaux commencèrent en 1849. Le 22 décembre 1850, l'église ouvrit ses portes à la population.

Toutefois, il fallut attendre six ans pour terminer la nef et le portail.

Enfin, en 1864, Monseigneur Gousset consacrait l'église. C'est là, sur son désir, qu'il fut inhumé. Les paroissiens lui ont élevé un tombeau réalisé par le sculpteur BONNASSIEUX.

En 1905, par la séparation de l'Église et de l'État, l'église Saint-Thomas devint la propriété de l'État.

Au retour de l'exode de 1919, la population découvrit une église complètement détruite. Le 2 avril 1922, l'église, réparée par la ville de Reims devenait à nouveau un lieu de culte. Enfin, le 21 mai 1922, le Cardinal Luçon venait baptiser les quatre cloches. Plus tard, il inaugurait l'orgue restauré.



Église Saint-Thomas (hors brochure)


LA CHAPELLE SAINT-BENOIT

Le 24 avril 1892,  le conseil de fabrique de Saint-Thomas décide, afin de soulager l'église Saint-Thomas, de construire une chapelle qui serait établie sur les terrains vagues des Trois Piliers.








Un décret en date du 13 juin 1894 et signé par le Président Carnot, autorise la construction de la Capelle Saint-Benoit.

En quatre mois, la chapelle est construite et le 28 octobre 1894, la première messe y est célébrée. Le 16 décembre de la même année, le Cardinal Langénieux procède à la bénédiction solennelle de la chapelle. Ce jour là, pour la première fois, l'unique cloche Marie-Bénédicte se fait entendre.

En 1905, lors de la séparation de l'Église et de l'État, le terrain fut prêté à la communauté religieuse pour un délai de 70 ans. C'est ainsi, qu'en 1975, la chapelle fut détruite et laissa place à la construction d'un immeuble.



Chapelle Saint-Benoit et église Saint-Benoit (hors brochure)


L'ÉGLISE SAINT-BENOIT

Le 5 novembre  1905, l'abbé Carré effectue l'achat de la seconde et dernière partie du Plateau des Trois-Piliers. Le 1er mai 1911, le premier coup de pioche est donné sur l'emplacement de la future église. Le 1er mai 1912, le gros oeuvre est terminé. Le 9 novembre 1912, le Cardinal Luçon vient alors la consacrer.

C'est M. Sainsaulieu, architecte, et l'abbé Dupuit, vicaire de Saint-Benoit qui furent les auteurs de la conception de cette église. Homogène et bien proportionnée, elle se rattache au type de basilique des premiers temps de la chrétienté en particulier à la Basilique Saint-Pierre de Rome.


Église Saint-Benoit (hors brochure) - photo de Denis REMY



photo de Denis REMY (hors brochure)



"Nous remercions toutes les personnes qui ont contribué à la réalisation du spectacle "Histoire du Faubourg de Laon" et de cette brochure.


photo du spectacle "Histoire du Faubourg de Laon".


Une centaine de personnes ont apporté leur contribution à différent titre :

- soit en apportant une caution Morale, Financière ou Technique,

- soit en oeuvrant bénévolement et directement à la réalisation des supports : exposition, photographies, interviews, bande sonore, éclairage, prêt de matériel et impression de cette brochure.

L'ensemble des documents sur l'histoire du "Faubourg de Laon" n'a pu être recueilli et exploité que dans le contexte d'un travail d'équipe intense.

Au delà de la "Production", avoir fait revivre l'histoire d'un quartier PAR ses habitants et les personnes concernées par ce thème nous semble essentiel.

Cependant, nous sommes bien conscients que dans les limites qui nous étaient imparties, tous les aspects de la vie du quartier n'ont pas été traités, ou ne l'ont été que très partiellement ; des travaux ultérieurs pourraient permettre de combler ces carences.

Dans ce sens, toutes les personnes qui disposeraient de documentation (textes, photographies, cartes postales) ou qui pourraient témoigner d'événements, sont invitées à se rapprocher de l'équipe d'animation du Centre Social des Trois Piliers".

Pour l'équipe d'animation,
Le Président des Usagers
Claude LEROY


N.D.L.R. : voici en quelque sorte l'acte de naissance du Cafouin.
Le spectacle "Histoire du Faubourg de Laon" a fait l'objet d'une émission diffusée en direct, le samedi 17 septembre 1983 après midi sur FR3, avec la présence des Soeurs Etienne.


lire aussi le dossier sur le spectacle "Histoire du Faubourg de Laon" Cafouin numéro 0 (février 1984)



Ci-dessous : article du journal L'Union, du 17 septembre 1983


La rue des Trois-Piliers et son histoire




Au coeur du faubourg de Laon, on découvre la rue des Trois-Piliers, célèbre par son nom, son histoire et sa légende.

Le gibet des Trois-Piliers.- Situés sur l'emplacement actuel de l'église Saint-Benoit, les Trois-Piliers constituent les ruines d'un palais romain.

Ils servirent jusqu'au 19e siècle de gibet pour les exécutions capitales. Un chemin conduisait les détenus de la porte Cérès, de la commanderie, ou de la prison du bailliage (on ne peut le déterminer avec précision) ; empruntait les rues de la Justice et Paulin-Paris (appelée jadis : rue de la Justice prolongée) et passait devant les trois piliers pour rejoindre la place Luton (cette dernière partie disparut en 1876).

La rue des "Ventres-Creux". - Construite en 1843, la rue des Trois-Piliers fut l'une des plus anciennes du quartier. L'habitat, réalisé précipitamment, devint rapidement vétuste et insalubre. Ainsi, la rue se transforma rapidement en une concentration de familles sans revenus (journaliers, manoeuvres...) Surnommée : "La rue des ventres creux", elle devint un endroit "où il ne fait pas bon s'y arrêter" (comme le constate M. Lacatte, journaliste de l'époque). Le soir, des chaînes, placées à chaque extrémité, en interdisaient l'accès.

La pauvreté fit donc de ces lieux (rue des Trois-Piliers, rue Goulin, les "onze maisons", la cour Sarazin) de véritables ghettos volontairement ignorés par la population du quartier. Au retour de la Première Guerre mondiale, une partie des familles fut placée dans le quartier du Maroc. Eloignées derrière la voie ferrée, elles n'étaient plus considérées comme dangereuses. Car, au-delà de la misère, ce que les habitants redoutaient le plus : c'était délinquance.

Un complice de la bande à Bonnot. - En 1912, un complice de la bande à Bonnot habitait au 3 de la rue des Trois-Piliers. Il fut arrêté pour un cambriolage important commis rue Roger-Salengro (rue de Courcy).

Au cours d'une perquisition, on retrouva dans son appartement, une motocyclette ayant appartenu à Bonnot lui-même.

Cependant, malgré ces légendes, la rue des Trois-Piliers n'en demeure pas moins un endroit où il fait bon vivre.

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Dans le cadre de son spectacle, le Centre Social des Trois-Piliers organise le transport des personnes âgées pour le retour à leur domicile. Ainsi, toute personne disposant d'une voiture et désirant participer à ce transport, est invitée à se mettre en rapport avec les organisateurs (au 29 rue de Pontgivart, tél. 40.54.82).

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Rappelons que l'exposition sera inaugurée samedi 17 septembre à 21 heures à l'église Saint-Thomas, suivie du spectacle.